Accusés, levez-vous ! – chapitre 21 et final

Accusés
  • Madame, dit mon avocat, nous sommes ici pour un procès pour viol et non pour comparer des positions sociales, merci de surveiller votre langage.
  • Votre honneur, tout ce que je veux dire, c’est qu’il est impensable, même dans les rêves les plus fous, que mon fils puisse avoir des rapports non désirés avec cette fille.

Mon avocat appela mon père à la barre, je pense qu’il n’aurait pas dû, au moins il n’avait pas bu aujourd’hui :

  • Monsieur, vous êtes le père de Lucienne, parlez-nous un peu d’elle.
  • Ah merci pour la parole, je suis vraiment content d’être là ici, vraiment. Sinon, Lucienne là, moi, j’ai toujours dit, la fille là ne réfléchit pas en plus d’être paresseuse. Je lui ai dit d’oublier l’affaire là et on va prendre l’argent comme l’autre a proposé, mais non, elle a fait campus. Si elle va en prison, ne m’appelez pas. Comment un beau garçon comme ça peut violer une fille ? Hein. Ce n’est pas possible, ma fille là, elle invente les choses seulement, je lui ai même dit de se trouver un homme, elle refuse…
  • J’ai une question, dit mon avocat, vous avez parlé de l’autre, qui vous a proposé de l’argent ?
  • Euh, moi ? Je ne sais pas hein, j’ai parlé seulement, j’ai parlé seulement.

Le témoignage de mon père me figea.

Tout le monde parlait, chacun disait ce qu’il avait à dire et seul Ben semblait me protéger. Deux heures après, le juge nous libéra pour une heure.

Une heure après, on revient dans cette salle où devait se sceller mon sort. Mon avocat prit la parole et invita Alex à la barre :

  • Monsieur Alex, cette fille n’a cessé de me dire à quel point elle vous appréciait énormément. Je voudrais vous poser une dernière question : a-t-elle une fois compté pour vous ?

Il se mit à pleurer.

  • Je suis désolé, je suis vraiment désolé…
  • Arrête Alex ! s’écria sa maman
  • Non maman, j’en ai marre. Lucienne, je suis vraiment désolé, pardonne-moi. Je sais que je ne mérite pas ton pardon, mais trouve en toi la force de le faire. C’est maman qui m’a demandé de mentir, elle ne voulait pas nuire à sa réputation. Elle m’a demandé de dire que je ne t’ai pas violée. Mais je reconnais devant tous que je l’ai fait, je suis coupable de tout ce qui m’est reproché ici. Je m’en veux tellement si tu savais. Je t’aime et cet amour m’a toujours rongé mais ma mère a toujours été contre cet amour, elle m’a toujours dit que tu n’étais pas de mon rang social, c’est pour cette raison que je t’ai laissé sur le toit ce jour après notre baiser, je suis désolé. Votre honneur, je plaide coupable pour ce crime qui m’est reproché…

Il se mit à pleurer de plus belle et moi aussi d’ailleurs, Ben me serrant dans ses bras. Un silence régna dans la salle avant que le juge ne se retire pour délibérer. Ce temps d’attente fut si long pour moi.

Le juge déclara :

  • Alex AMEVE coupable des faits qui lui sont reprochés, condamné donc à cinq ans d’emprisonnement ; deux ans avec sursis avec une caution de 15.000.000 F CFA.
  • Mme Agathe AMEVE coupable de mensonge et de corruption, condamnée pour trois ans d’emprisonnement avec sursis.
  • Robert GAMEZO, père de Lucienne, coupable de non-respect des droits humain, de maltraitance ; condamné pour un an d’emprisonnement ferme.

Dans ce procès, tout le monde était accusé, la mère d’Alex regardait son rang social, mon père regardait ses intérêts financiers et même le procureur, ayant reçu de l’argent la part de la mère d’Alex, Alex était accusé de viol et de mensonge, j’étais accusée par le procureur de mensonge et légèreté, Ben accusé de jalousie.

Tous ces accusés, nous tous, on était dans cette salle et chacun accusait tout le monde.

J’eus du mal à m’en remettre, mais grâce à Dieu, je validai ma licence avec mention. Pendant et après tout le processus, Ben fut pour moi un grand soutien. Je commençais à le connaitre de mieux en mieux et à découvrir le cœur en or qu’il avait. Un soir, il m’invita à un diner :

  • Écoute ma belle, je sais tout ce que tu as traversé jusqu’ici et je suis si fier de toi, tu as été si forte. Et je t’admire énormément.
  • Ben, cela a été facile parce que tu étais là avec moi, tu m’as soutenue et pour cela, je te dis merci.
  • Je t’en prie… Ce que je vais te dire va peut-être te choquer, mais je veux être honnête avec toi et me libérer de ce poids qui me pèse énormément. Lucienne, je suis tombé amoureux de toi, j’ai été pris au piège, je ne peux te dire exactement à quel moment cela est arrivé, mais tout ce que je sais c’est que je n’arrête pas de penser à toi, je ne peux fermer les yeux sans t’y voir. Je t’aime d’un amour profond, je n’attends pas forcément que ce soit réciproque, mais j’attendrai le temps qu’il faudra, je saurai être patient. Mais…tout de suite…j’ai juste envie de t’embrasser…

Il joignit l’acte à la parole et commença à m’embrasser, je me laissai faire et compris, dès cet instant que j’étais complètement amoureuse de ce type, il m’avait totalement pour lui.

  • Je t’aime ma princesse, je t’aime…Me chuchota-t-il.
  • Je t’aime aussi Ben…

Pour toute réponse, il m’attira encore contre lui et je ne voulus ni ne pus résister à ce baiser…

      Fin

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