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Nancy Wake, celle qui fit tête à la Gestapo

Nancy Wake, celle qui fit tête à la Gestapo

30 Avril 1944, une femme vole dans le ciel. Ses yeux sont ronds, vifs et noirs. Elle porte un casque en fer et un treillis trop grand. Elle s’appelle Nancy Wake. Largement reléguées en second plan ou absentes dans l’histoire des guerres, les femmes y ont toutefois joué un rôle primordial. L’une d’elles, Nancy Wake, est entrée dans l’histoire par son courage et son engagement pour la liberté. Cacher des pilotes blessés, organiser le passage de juifs vers l’Espagne, parcourir 200 kilomètres à vélo en 2 jours pour aller chercher une radio ou encore tuer une sentinelle allemande à mains nues, voici la vie hors du commun de Nancy Wake, celle qui rendit dingue la Gestapo.

L’aventurière Nancy Wake

Crédit : Ministère des Armées de France

Nancy Wake nait un 30 aout 1912 à Wellington en Nouvelle-Zélande. Douée à l’école et assoiffée d’aventure, elle souhaite parcourir le monde. Ce qu’elle fit à partir de 16 ans en quittant l’Australie pour le Canada puis les USA, avant de débarquer à Londres. Devenue journaliste freelance, elle s’installe un temps à Paris où elle travaille comme correspondante pour un Américain.

Tombée amoureuse de la France, Nancy Wake verra malheureusement sa vie basculer, lors de la seconde Guerre Mondiale. Elle assiste aux violentes scènes de lynchage, d’agressions anti-sémites et de dégradation de magasins tenus par les juifs. Horrifiée par ces épisodes, elle se jure de tout faire pour lutter contre les fascistes. Refusant d’attendre la fin de la guerre, Wake choisit de s’engager comme infirmière. À 27 ans avec son ambulance, elle sillonne le front et sauve de nombreux soldats pendant l’été 1940. Mais malgré une résistance héroïque, l’armée française est écrasée par la Blitzkrieg allemande et le 14 juin, la Wehrmacht entre dans Paris.

Nancy Wake, La Souris Blanche

Sous l’Occupation allemande, elle tiendra tête à la Gestapo dans un premier temps comme résistante puis comme espionne au service des Britanniques. Nancy Wake est surnommée “La souris blanche” par la Gestapo qui n’avait aucune idée de son identité, mais subissait ses frappes. En tant que résistante, elle s’évertuait à faire passer des lettres, des messages codés, de la nourriture et des faux-papiers à tous ceux qui souhaitaient quitter la France. En tant qu’espionne,  elle se chargeait d’affaiblir les Allemands grâce à des actions de sabotage. Même si au début le courant semble difficilement passer avec ses nouveaux camarades espions, son tempérament lui permet de rapidement s’imposer en tant que meneuse.

Lors d’une mission, la seule radio de leur groupe est détruite pendant un échange de tirs avec les troupes allemandes. C’était pourtant leur seul moyen pour communiquer et recevoir leurs ordres d’Angleterre. Et le seul endroit où trouver une radio est à 200 km de leur emplacement. Nancy, plus motivée que jamais, vole un vélo et part chercher la radio. Durant son parcours, elle s’arrête régulièrement pour se recoiffer et ajuster son maquillage pour toujours avoir l’air sereine, et passer les contrôles des Allemands. Après deux jours à pédaler, elle arrive à récupérer la radio et refait le chemin en sens inverse. C’est sans doute son plus grand fait d’arme.

Outre l’exploit de pédaler aussi vite avec le stress d’être arrêtée à tout moment, son action a sans doute sauvé la vie de milliers d’hommes. Elle racontera également lors d’une interview avoir tué un SS à mains nues en lui appliquant une prise apprise pendant sa formation d’espionne qui lui brisa la nuque. Elle poursuivra la lutte pendant le mois de juillet jusqu’à la libération entière de la France en 1944 et la capitulation de l’Allemagne en 1945.

Fin de vie

Mort de Nancy Wake
Crédit : History.com

À la fin de la guerre, Nancy Wake est encore une femme de l’ombre. Mais les années suivantes, elle deviendra la femme la plus décorée du conflit. Elle rendit l’âme le 07 aout 2011, quelques jours avant son 99ᵉ anniversaire. Conformément à ses souhaits, ses cendres furent transportées en 2013 jusqu’en France et dispersées près de Montluçon en Auvergne, là où elle constitua 70 ans plus tôt, son réseau de résistants.

Source : Blog.francetvinfo | La Folle Histoire

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