Annonce

Annonce

Le mythe des réseaux sociaux : le business de l’addiction

Le mythe des réseaux sociaux : le business de l’addiction

Rien d’excessif ne se glisse lentement dans la vie des mortels qui ne les expose au malheurSophocle

WhatsApp annonçait récemment une mise à jour de ses conditions d’utilisation et de sa politique de confidentialité. Cette mise à jour informait clairement les utilisateurs que leurs données personnelles allaient être partagées avec la maison mère Facebook. Bien évidemment ces conditions doivent être obligatoirement acceptées si l’on veut pouvoir continuer à profiter de l’application.

Revenir sur la face cachée des réseaux sociaux

Il est très difficile aujourd’hui d’oublier le fait que les réseaux sociaux ont contribué à accomplir des choses incroyables dans le monde. Ils ont permis de réunir des familles, sauver des vies, d’augmenter notre culture, etc. Des changements importants et systémiques ont pu être réalisés grâce aux outils qu’ils sont. Oui nous ne l’oublions pas ! Mais n’oublions également pas, le revers de la médaille.

Une fois ces produits lancés, ils finissent par nous dépasser. Ils ne sont pas utilisés comme prévu. Personne n’imaginait ou n’avait souhaité les conséquences connues aujourd’hui. Et il n’y a pas qu’un seul grand méchant dans l’histoire. Alors quel est le problème ?

Difficile à expliquer. Malgré les critiques, ces géants du secteur technologique poursuivent leur expansion. TikTok (le plus récent d’entre eux) est très prisé par les préados, et rend accro à leurs téléphones, des centaines de millions d’utilisateurs. Le phénomène est exacerbé par le fait que vous pouvez littéralement vous isoler de nos jours et vivre dans une bulle à cause de la technologie.

Quand les adolescents dépriment à cause des réseaux sociaux

L'addiction aux filtres et aux selfies chez les ados

Le nombre de chirurgies plastiques chez les adolescents a explosé. Les chirurgiens ont d’ailleurs trouvé un nom pour ce phénomène : la dysmorphie Snapchat. De plus en plus de jeunes patients demandent à ressembler à leurs selfies et aux filtres. Un peu triste à dire : les outils qui sont à notre disposition aujourd’hui sont en train de bousiller les fondations même de notre société.

Si vous demandez aux personnes ce qui cloche dans l’industrie technologique, beaucoup évoqueront les nombreuses plaintes et les scandales liés aux vols de données, surtout les réseaux sociaux. Ils mentionneront aussi, sans l’ombre d’aucun doute, les problèmes de dépendance et la propagation de fausses informations. Mais regardez autour de vous, on dirait que le monde tend à devenir fou !

Une addiction volontairement ignorée

Tristan Harris, ex éthicien du design à Google et cofondateur de ” Center for Human Technology ” déclarait en ces propos :

“… Quand j’étais chez Google, je travaillais dans l’équipe de Gmail… Pour ma part, j’avais une véritable addiction pour les e-mails. Et ce qui me fascinait, c’est que personne dans l’équipe n’avait pour mission de rendre le produit moins addictif. Donc j’ai demandé si suis-je le seul à penser ça…

Et j’ai ressenti une certaine frustration. J’ai trouvé que toute l’industrie était un peu perdue en chemin… C’est là que j’ai décidé de faire une présentation sur le sujet, une sorte d’appel aux armes. En gros, le message était « Pour la première fois dans l’histoire, c’est à cinquante designers blancs, entre vingt et trente-cinq ans en Californie, de prendre des décisions qui auront un impact sur deux milliards d’âmes. Deux milliards de personnes auront des pensées qu’elles n’avaient pas prévues avoir, simplement parce que le designer de Google a conçu les notifications de cette manière sur l’écran qui vous réveille le matin ».

J’estimais qu’on avait un devoir moral chez Google de régler ce problème. J’ai donc envoyé cette présentation à 15 ou 20 de mes collègues les plus proches de chez Google… Quand je suis allé travailler le lendemain, la plupart étaient en train de lire la présentation. Quelques heures plus tard, 400 personnes étaient connectées dessus. Et le nombre continuait d’augmenter. J’ai reçu des e-mails de tous les côtés des employés de tous les départements qui étaient complètement d’accord avec moi et en parlait aussi. J’ai eu l’impression de lancer une sorte de révolution… Ça a été un vrai phénomène sur le moment, et Google se devait de vraiment le prendre au sérieux. Et puis… Rien !

Votre attention est le produit

Le mythe des réseaux sociaux - business de l'addiction
Des entreprises comme Google ou Facebook font partie des entreprises les plus prospères de tous les temps. Finalement, ils ont très peu d’employés. Ils misent tout sur des ordinateurs qui génèrent des revenus énormes. Nous sommes en droit de nous poser la question de savoir la source de cet argent.

Le fait est qu’aujourd’hui, les utilisateurs ne payent plus pour les produits qu’ils utilisent. Les annonceurs s’en occupent largement. Par voie de conséquence, ce sont eux, les vrais clients. Et les utilisateurs sont « vendus ». Comme on le dit “Si vous ne payez pas pour le produit, vous êtes le produit“.

Beaucoup se disent que Google est un simple moteur de recherche et Facebook est un endroit pour savoir ce que font ses amis et voir leurs photos. Ce qu’ils ne réalisent pas, c’est que ces sites se battent pour captiver notre attention. Des sites comme Facebook, Snapchat, Twitter, Instagram, YouTube ont pour unique but de garder l’utilisateur le plus longtemps possible sur son écran. Ils veulent accaparer le maximum de temps et d’attention de chaque membre. Combien de temps puis-je vous prendre ? Combien de temps de votre vie êtes-vous prêt à nous donner ?

Tous ces services offerts sur les réseaux sociaux sont à première vue, gratuits. Mais en vérité, ils ne le sont pas. Ce sont des annonceurs qui payent. Mais pourquoi payent-ils ? Pour avoir un moyen de diffuser leur publicité jusqu’à vous. Votre attention, transformée en addiction, représente pour eux, le produit, vendu aux annonceurs. Mais bien plus que tout, le vrai produit est ce changement graduel et imperceptible dans votre comportement et votre perception du monde.

Comment alors se prémunir de cette addiction ? Nous y reviendrons dans un prochain article.

Crédits images : Pexels / Pixabay, Anastasia Shuraeva , Magnus Mueller

 10 5
Fermer
  • Ce dont on ignore réside dans la charge mentale qu’on s’inflige en regardant des informations de façon perpétuelle.

  • Bonjour, j’ai aimé le texte, bonne analyse, mais je pense qu’on se la joue trop victimes, nous les utilisateurs. A un moment donné, il faut comprendre les “grands” comme Zuckerberg, Musk etc.
    Prenons deux cas : Le premier, vous vous enregistrer sur des applications “gratuites”, à la seule condition que vous acceptez que l’entreprise garde vos informations personnelles, celles que vous avez tapé, on ne vous a pas forcé à les écrire.
    Le second, vous vous enregistrez, ils cryptent vos données, ils ne le verront pas, ils ne pourront pas les utiliser mais pour ce faire il faudra payer un abonnement par mois ou par an, puisque les développeurs ne se nourrissent pas d’air ou de vent.

    L’expérience a démontré que plus de 5 milliards de personnes(nombre de personnes ayant téléchargé WhatsApp) ont préféré la première méthode.
    Mais ils ne prennent rien sur les cartes de crédit de la majorité des utilisateurs, ils vont faire comment pour stocker les données pour que vous les retrouviez même après des années? ou encore payer les développeurs qui font de nouvelles mises à jour à chaque fois ou qui corrigent les bugs?
    Les marchés les plus opulents de la planète restent la vente de données, les publicités ciblées et sponsorisées(comment ils auront vent de vos centres d’intérêts ? tout simplement en recueillant tout ce que vous avez déclaré aimer en ligne).
    Puisqu’on ne peut vous faire payer directement, on vous fera payer indirectement.
    Personnellement, je ne vais pas prendre tout mon temps, concevoir une solution révolutionnaire (Facebook, services Google en général, WhatsApp etc.) et ne pas mettre tout en oeuvre pour en tirer le maximum de profit.
    Tout le monde fait tout pour qu’il y ait plus d’utilisation de leurs produits, même la vendeuse d’Ayimolou, peu de temps après qu’elle ait commencé, elle commence par vendre du jus, jouer de la musique, elle rajoute des viandes etc. C’est une sorte d’addiction aussi, que deviendrons-nous sans ayimolou?
    Aussi, le coté dépression de la chose vient de ce que ressentent la majorité des milléniales : le manque d’attention, de confiance en soi et non des codes que ces gens écrivent. Je ne suis pas psychologue mais je sais aussi qu’ils auront joué sur ça pour attirer les gens et se faire de l’argent. Il faut bien qu’ils mangent.
    La vendeuse d’Ayimolou joue sur votre faim, elle sait que vous avez faim et elle va préparer et vous donner exactement ce que vous aimez en vous basant sur ses critères à elle et si cela correspond à vos attentes bah vous reviendrez.
    Bref, ils sont addictifs, oui mais leurs créateurs cherchent à devenir et tiennent à rester opulents. S’il y en a qui veulent commencer une révolution et lutter contre ce fléau, une machine qui voyage dans le temps lui serait utile pour dégommer tous ceux qui ont commencé les découvertes scientifiques.
    Personnellement, une bonne gestion de temps et une maitrise de soi ( pas évident du tout ) devraient suffire au début pour une cure de désintoxe des réseaux sociaux.
    Après si Google n’était pas là, les tutoriels de YouTube, les groupes WhatsApp, certains, je dis bien, certains, n’auraient peut être pas leur gagne pain actuel.
    Cordialement,
    *Celle qui parle trop*

    1. J’aime beaucoup votre intervention Nathy. Beaucoup de Pertinence dans votre argumentaire.

      Vous aimez autant Ayimolou?

    2. Merci beaucoup Nathy pour votre brillante analyse. Je rebondirai en posant une question d’une simplicité déconcertante : Quel est le point commun entre Zidane, Georges Clooney et Bernard Tapie ? Aucun des trois n’a de compte Twitter.

      Quel est le point commun entre Bill Gates, Mark Zuckerberg et Steve Jobs ? Ils ont contribué à développer des outils dont ils ont restreint leurs enfants. Bill Gates déclara qu’il ne donnera pas de smartphone à ses enfants avant l’âge de 14 ans. Jobs a dit : Je ne donnerai pas de tablettes et d’Ipad à mes enfants. Et Zuckerberg, qu’il n’utilisera pas Facebook pour ses bambins. Ça doit faire réfléchir non ?

  • Ajouter un commentaire

    Annonce

    Annonce

    Ne manquez pas