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L’aboutissement

L’aboutissement

J’ai écrit des vers et j’ai écrit des proses,
J’ai appris des langues, visité Formose,
J’ai trahi mes frères, sans avoir de cause,
J’ai ouï des amis pervers, et j’ai fait des choses.

J’ai été égoïste, je n’ai pensé qu’à moi,
J’ai fait des chevaux de Troie, supplanté des rois,
J’ai été mesquin, j’ai eu des désirs sournois,
J’ai été curieux, j’ai trop demandé pourquoi.

Mais il est des lieues que nul ne peut courir,
Il y a des plaisirs que l’argent ne peut offrir,
Et il y a des fins que nul ne peut prédire,
Des ressentis que nul mot ne peut décrire.

Souvent, vous voyez, impuissant, passer les jours,
Fois où vous sentez la vie vous jouer des tours,
Les défis pleuvent, on voit le diable partout,
La nuit rugit, le jour reporte son retour.

J’ai froissé des roses qui l’ont pas mérité,
Possédé une émeraude que j’ai cachée,
Connu des rêves que j’ai longtemps méprisés,
Allumé des lampes, brisé les chandeliers.

J’ai été sévère sans jamais être pervers,
J’ai été sincère sans jamais être cruel,
J’ai souffert sans être complice du calvaire,
Vous vivants n’avez plus pour moi aucun mystère.

Trépas ! Quand je serai ici ou là, couché,
Puisses-tu, raid, avec ton trident me faucher,
Pour toutes les fois que dans la vie, j’ai triché,

Ou laisse-moi vivre, apprendre à pardonner.

 

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