Asmahan : la Marilyn du Moyen-Orient

Asmahan : la Marilyn du Moyen-Orient

Beauté aux yeux d’émeraude, menant une  vie rebelle et passionnée, la sublime Asmahan était avide de liberté et d’émancipation. Et être une femme libertine et artiste au début du XXe siècle, dans un monde arabo-musulman, entre traditions et autorité patriarcale, où la religion se vit à la lettre, n’était pas courant et relevait vraiment de l’émancipation.

Retour sur la légende d’Asmahan, née princesse druze, chanteuse Syro-Libanaise dont le public, génération après génération, continue de vénérer l’art et qui succombera dans la fleur de sa jeunesse dans des circonstances obscures.

Un talent de cantatrice décelé très tôt

Asmahan de son vrai nom Amal El Atrache naît à bord d’un paquebot à destination de Beyrouth, d’un père syrien, le prince Fahd El Atrach et d’une mère libanaise, la princesse et musicienne Alia El-Mundhir. Sa famille fuyait alors les troubles de l’empire Ottoman en pleine décadence. En raison du paquebot qui a failli couler on lui donne pour prénom Amal (espérance). L’année de sa naissance fait toujours débat.

À  la mort de son père, sa famille émigre en Égypte, où sa mère, musicienne, chante dans les cabarets pour les nourrir. Cette dernière veillera à leur éducation en leur inculquant les valeurs de la musique.

Prodige avec son frère Farid, le talent d’Asmahan pour la musique est décelé très tôt. Les nuits du Caire où elle fera carrière se dévoile ainsi à elle. Mais son frère aîné Fouad furieux de la voir dans le monde du spectacle offre sa main à son cousin Hassan El-Atrache. Le couple se sépare au bout de 4 ans et Asmahan retourne en Égypte pour reprendre sa carrière de musicienne.

Du fait de la perte de sa nationalité égyptienne par son mariage, elle mène au Caire une vie de libertinage, entre parties de poker et flirts sans lendemain. Elle boit, elle fume, elle se mêle de la politique et elle est même espionne, un temps pour le compte des alliés. Une vie qui n’a rien à envier aux stars actuelles.

Vedette et égérie de la chanson, elle triomphe sur les scènes du Caire avec sa voix envoûtante, unique et pure. Elle était alors la plus grande rivale de l’indetrônable Oum Khalthoum. Asmahan s’est rendue célèbre par sa participation à de nombreuses comédies musicales cinématographiques. Une carrière à Hollywood se présentera à elle, ce qui lui vaudra, a posteriori, le surnom de « Marilyn du Moyen-Orient ».

Asmahan, née sur l’eau, morte sur l’eau

14 juillet 1944, la comédie musicale qu’Asmahan est en train de tourner avec son frère Farid vient d’être suspendue. Elle en profite pour prendre un peu d’air. Avec son amie et confidente, Mary Baines, elles quittent la ville pour aller contempler la mer. Son chauffeur habituel étant souffrant le studio lui trouve un mystérieux remplaçant.

Ils roulent en direction de la méditerranée. Mais sa Rolls-Royce pour une raison inconnue, sombre dans les eaux du Nil. Asmahan meurt ainsi noyée à jamais figée dans sa gloire éternelle, avec son amie. Une mort très suspecte. En effet, le mystérieux chauffeur disparaîtra sans laisser de trace ce qui alimentera de nombreuses rumeurs et théories du complot.

Qui a tué Asmahan ?

La mort de la chanteuse reste jusqu’à nos jours une énigme. Ce qui est sûr Asmahan dérangeait. Premièrement, les tenants de la morale qui l’estimaient trop belle et trop libre. Les services de renseignement britanniques qui se seraient débarrassés d’elle après qu’elle a tenté de rencontrer des agents allemands. La Gestapo allemande a également été accusée, du fait de l’aide qu’Asmahan avait donnée aux alliés.

Le roi Farouk Ier d’Égypte a été aussi soupçonné, car elle avait repoussé ses avances, ainsi que la mère de ce dernier, la reine Nasli qui éprouvait de la jalousie envers elle. Son frère Fouad de même, pour l’avoir déshonoré. On murmure aussi que la plus grande chanteuse du monde arabe, Oum Khalthoum (Khalsoum) ne supporte pas l’ombre que lui fait cette beauté aux yeux d’émeraude à la voix triste et intense. Son chant mélancolique marqua profondément l’histoire de la musique arabe. Le Gal. Charles de Gaulle disait d’elle : « Le regard le plus beau, le plus profond, mais également le plus mélancolique, qu’il m’a été donné de voir »

Crédit Photos : Googles Images

Sources : Wiki, Telerama, « Mon hommage à Asmahan, incarnant la beauté, le talent et la témérité » de Khaled Hizem.

 4 Commenter
Fermer

Ajouter un commentaire